Joyeuses fêtes… avec ou sans RER C ?

La fin d’année approche à grands pas, Noël est passé. Les usagers sont largement dispersés entre celles et ceux qui tiennent des postes qui ne peuvent s’arrêter pendant si longtemps (commerces, permanences ex. hôpitaux, mais les personnels qui conduisent et entretiennent nos chers RER C les aiguilleurs et une maigre permanence au centre opérationnel Transilien), celles et ceux qui restent tranquillement chez eux ou profitent de la capitale, et nombre d’entre eux qui sont partis rejoindre de la famille en province, quand ils ne l’ont pas invitée à domicile… car rappelons-le, beaucoup d’usagers du RER C en Essonne ont trouvé dans la grande couronne un logement assez spacieux et assez abordable pour loger leur famille.

Et le RER C ? Transilien nous l’a fait découvrir à la mise à disposition des horaires dès fin novembre, et nous en a donné les grandes lignes sa desserte est « adaptée » entre le 25 décembre et le 1er janvier. En novlangue Transilien agréée par l’autorité organisatrice, ça signifie purement et simplement réduite, avec quelques petites fantaisies comme ce train sans code mission à destination de Dourdan qui a le bon goût d’être omnibus jusqu’à Choisy-le-Roi, puis direct Juvisy et direct Brétigny. Nous proposons de le coder DOBE, en droite ligne avec la finesse et le bon goût qui sied à l’invention de nouveaux codes missions depuis quelques années.

Transilien se félicite d’avoir réussi à réduire à huit jours la période de desserte « adaptée » ; l’an dernier c’était pendant toute la période de fêtes, soit deux semaines. Le 8 décembre lors de la réunion avec les associations, l’exploitant n’a pas manqué de nous rappeler que ces dessertes font chaque année l’objet d’un bras de fer avec les représentants du personnel, les conducteurs « ayant le droit à des vacances eux aussi ». Nous n’allons sûrement pas réfuter cet argument imparable, aussi les attaquons-nous de flanc : si réduction de desserte il y a, peut-elle seulement consister à supprimer des journées, et donc créer des trous de desserte, comme pendant les grèves ?

Capture du site transilien.com détaillant la desserte du train sans commission à destination de Dourdan vers la fin de pointe.
Une (unique) mission Dourdan sans code… innovation de cette période de fêtes 🥳

Un tel modus operandi, s’il est on ne peut plus simple pour l’exploitant, est on ne peut plus décevant (les cadres de la SNCF utilisent l’anglicisme « déceptif », qui dénote davantage la tromperie) pour des usagers qui ont la mauvaise surprise de découvrir que le train qui passe habituellement à telle heure ne passe pas. Quand vous êtes à Paris, ce n’est généralement que 5 à 10 mn de plus à attendre, mais au sud de Brétigny c’est rapidement une heure d’attente voire plus ! On se retouve ainsi avec des situations aberrantes en heure creuse comme des alternances entre 2 trains ELBA et 2 trains DEBA (destination Étampes resp. Dourdan après avoir desservi tout le val d’Orge), ou bien des trous de desserte de 45 mn en pleine journée à Épinay-sur-Orge (sympa pour la correspondance T12). Où est la lisibilité, prétexte officiel de l’autorité organisatrice et de l’exploitant au moindre effort sur l’adaptation ?

Planche présentant le service mis en place pendant la période des fêtes.

Le dimanche, c’est encore pire : 1 train sur 2 alors que la desserte est déjà fortement réduite, ça signifie un train toutes les 2 heures sur les branches Dourdan et Étampes (faut pas le rater !) et un trou de desserte de 90 mn dans chaque sens dans le val d’Orge. Et sans garantie que les trains soient longs…

Cerise sur le gâteau : Transilien annonce l’absence de travaux de nuit en semaine pendant les vacances, mais la desserte de soirée sur les branches Dourdan et Étampes… toujours autant substituée par des cars à partir de 22 h pour Dourdan (passage à Brétigny) et 23 h pour tout le sud de Juvisy. Comment dire… c’est une sorte de mensonge par omission que d’un côté suggérer que les trains pourront circuler en soirée et que de l’autre les substitutions sont maintenues comme pendant le reste de l’année.

Nous avons très clairement exprimé notre mécontentement, non seulement lors de cette réunion, mais également sur le blog (commentaire censuré par Louise), sur X et même sur France 3 régional. Si nous sommes mécontents, ce n’est pas seulement parce que Transilien et Île-de-France Mobilités savent adapter bien plus intelligemment un plan de transport (cf. ce qu’ils ont pu faire pendant la période olympique) que de faire comme les jours de grève, mais aussi parce que l’autorité organisatrice nous a clairement affirmé leur absence de volonté de faire des efforts pour seulement deux semaines.

Nous demanderons, par le biais des moyens officiels (notre représentation au CA d’Île-de-France Mobilités), que désormais plus d’efforts soient faits dans la mise en place d’un plan de transport de moindre envergure pendant les périodes de relative relâche, de manière à lisser les trous de desserte.

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